La Révolution Numérique : qu’est-ce que c’est ? (Xavier Comtesse)
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En backstage, juste avant son interview, Xavier Comtesse, Mathematician, Digital Shaper #Manufacture 4.0: Industrial Think Tank – nous explique notamment, ce qu’est la « Révolution Numérique » et les « Smart City »…

 

Xavier Comtesse (XC) : Avant un industriel ne s’occupait pas des données clients. Maintenant, ils sont en contact direct avec le client. FERRARI par exemple, à des censors sur toutes les voitures et l’usine mère est au courant de tout ce qui se passe dans toutes ses Ferraris. Donc ils peuvent vous dire que dans « 2 kilomètres : vous êtes en panne sèche ». A l’usine, ils le savent. C’est jamais arrivé.

On entre dans une espèce d’économie directe où l’usine sait. Par exemple, AIRBUS sait exactement l’état de chacun de ses avions, en maintenance prédictive. On anticipe tout. Mais, c’est vrai aussi pour les autres marchés, les machines à café JURA, etc. C’est insensé où on va !…

Ça, c’est une des parties. Ça donne des possibilités très nouvelles. Je pensais qu’on allait parler de ce qu’on appelle les villes intelligences. Ce qu’on appelle les « Smart City ». Une fois que vous déployez tous ces censors, ça change tout. Vous collectez des quantités de données.

Michael Bouvard (MB) : Après la difficulté, c’est l’exploitation de ces données ?

XC : La difficulté, c’est l’exploitation de ces données. On vient de le voir avec FACEBOOK

MB : Il y a la problématique de la maîtrise de ces évolutions et aussi, quelles sont les conséquences positives ou négatives pour les utilisateurs, finalement ?

XC : C’est assez difficile de dire, mais en gros l’idée, c’est que ce sera moins cher et plus écologique. Par exemple, la Smart City va réduire considérablement le gaspillage de l’électricité ou le gaspillage d’eau. Si je mets des censors sur les canalisations d’eau, je peux savoir très vite s’il y a une canalisation qui fuit et je la répare. Donc on passe de 40% des fuites d’eau dans une ville à 10-15%. C’est plus économique, plus écologique. Par exemple aussi, je peux réduire l’éclairage en fonction des gens qui passent, de l’heure dans la nuit…

MB : « Smart City », ça n’est pas quelque chose qui va être mis en place par décrets : ça va être fait progressivement et automatiquement. Quand vous dîtes « Smart City », on a l’impression que c’est comme un label. On peut imaginer qu’il va y avoir des city qui vont être smart et d’autres non ?

XC : En tout cas, tous les maires de toutes les villes, de tout le monde, préfèrent être smart que d’être dumb, ça c’est sûr. Vous n’aurez que des smart city. Il y a à peu près 40’000 projets de smart city dans le monde. C’est affolant. Comment c’est possible ? C’est parce que tout d’un coup, il y a des censors. Je peux mettre des censors dans les parkings. Je peux mettre des censors partout, partout. Tout d’un coup, c’est possible ! Et puis alors, l’automate des objets autorise cela. La 5G, ce sera encore pire. Mais il fallait tout ça, un progrès technologique important. Et cette révolution-là : c’est la révolution des données. C’est pour cela, qu’on appelle cela, la révolution numérique.

MB : … des données, des technologies qui vont avec…

XC : Maintenant, ce qu’on appelle l’intelligence artificielle ce sont les algorithmes qui vont traiter les données en temps réel. C’est ça qui change. Parce que l’être humain ne peut pas. Ce sont des flux de données supérieures à celle du CERN. Ça arrive massivement. Et donc on peut ni les stocker vraiment dans les bases de données. Il faut les lire en streaming en quelque sorte. Mais là, il n’y a que les algorithmes qui peuvent le faire. Personne ne peut le faire. Et là, on a ces algorithmes qui viennent du machine learning qui font ça très bien. Très impressionnant…

MB : C’est-à-dire ce sont des algorithmes qui vont se modifier, un peu comme des cellules elles-mêmes. C’est quoi le mécanisme ?

XC : C’est ce qu’on appelle « algorithmes auto-apprenants ». En fait, ils sont supervisés pour l’essentiel. Il y en a quelques-uns qui sont non supervisés. Ils seraient supervisés par d’autres algorithmes mais ça presque personne ne sait faire. La plupart, ce sont des algorithmes supervisés. Par exemple, on montre une figure de chat à l’ordinateur. On lui dit : c’est quoi ? Il ne sait pas. On lui dit : c’est un chat. Quand on lui remontre une figure de chat, il ne sait pas. Mais à partir de la 100’000e image de chat qu’on lui montre, il sait ce que c’est. Il va réussir avec les données à recréer, des features, des corrélations, disant que s’il a des moustaches et qu’il a les yeux comme ça : c’est un chat.

MB : donc ça va avoir aussi un impact sur la robotisation parce que jusqu’à présent, les robots qu’on voyait jusqu’à présent, ils avaient des tâches qui étaient assez sommaire ?

XC : Je pense qu’on aura très peu de robot en fait : la vision humanoïde comme cela est une vision de la science-fiction des années 60. En fait, on n’en a pas besoin. J’ai plutôt des bots. J’ai beaucoup d’applications et software. Comme par exemple, quand vous tapez sur BOOKING vous enclenchez plusieurs petits programmes, ce qu’on appelle un bot. Un de ces programmes va aller voir s’il reste encore une chambre dans cet hôtel, un autre si votre carte visa est déjà là, un autre va aller voir des dates, faire des contre-propositions, regarder les autres hôtels dans le coin, etc.. Vous déclenchez tout un paquet de bots qui travaillent dans le fond pendant quelques secondes en parallèles puis peu à peu disparaissent. C’est ça le monde de demain…

MB : Par exemple dans les media sociaux, il y a pleins de petits services qui vont se plugger ?

XC : Exactement. Dans le monde industriel, c’est pareil… Bien sûr on a vu toutes ces images de la robotisation avec par exemple le robot qui construit une voiture avec un bras. Mais on n’a pas besoin d’un robot humanoïde. Un bras suffit.

MB : Je crois qu’au Japon, ils ont tenté d’en créer un qui faisait même l’accueil ?

XC : Mais c’est débile cela. Ou ceux qui s’occupent d’un EMS. On n’a pas besoin de cela. Ce n’est pas du tout, le monde que l’on est en train de se préparer. C’est par exemple, une voiture qui conduit toute seule. Vous voyez, ça c’est un robot, si vous voulez. C’est une voiture, un bus… En fait c’est ça qu’il faut voir. Les objets tels qu’on les connait vont avoir tous une couche d’intelligence. Donc, ma machine à café sera intelligente.

MB : Donc l’innovation aujourd’hui, si on synthétise cette industrie 4.0 qui est en fait, l’étendue de tout ce qui va être nouvelles technologies, intelligences artificielles, nouveaux media, tout ça agglomérés, pour pousser finalement une industrie à devoir s’adapter et à proposer des changements aux utilisateurs, qui sont bénéfiques ? Tout ça finalement (cette « industrie 4.0 »), c’est la synthèse de l’innovation que l’on constate, dans ce qu’on appelle les « nouvelles technologies » aujourd’hui ?

XC : Voilà , c’est exactement cela. Pour le simplifier, si je dis « révolution numérique » c’est plus simple. « numérique » ou « des données ». Parce que le facteur commun de toute cette révolution, c’est la maîtrise des données. Avant, je maîtrisais les procédures mais les données, non. On rentre dans ce qu’on appelle une société « data dream », dirigée, conduite par les données. Et les algorithmes vont s’appliquer dessus. Avant c’était des procédures, des recettes de cuisines : on disait « cahier des charges ». Maintenant c’est les données, … Ça change, c’est très important. Le monde d’avant était un monde déterministe. Si je mettais la donnée ‘A’ et je mettais une procédure, j’avais en résultat ‘C’. A chaque fois que je mettais ‘A’ : j’avais à chaque fois ‘C’. Totalement déterministe. C’était mieux pour la compta. Mais bon, maintenant on rentre dans un monde non déterministe. Ça fait un gros changement.

MB : Et l’exemple de révolution numérique (pour expliquer l’industrie 4.0), on parlait du drone comme une innovation que l’on constate au niveau du grand public. Mais au fond l’innovation dans le drone, ça n’est pas la mécanique, c’est surtout la capacité comme vous dîtes, de pouvoir gérer un certain nombre de données qui permettent de stabiliser. (XC : en temps réel) Au fond, la révolution technique du drone, c’est la « révolution numérique » ?

XC : c’est la révolution numérique : c’est la capacité d’intégrer dans une petite chip embarquée sur le drone, toutes ces données, qui fait un, l’équilibre, mais qui fait aussi la conduite du drone. Quand je donne un ordre,…

MB : … capable de suivre la personne, capable de revenir à sa base, s’il perd le contrôle…

XC : C’est de l’intelligence embarquée. Elle est sur le drone, elle n’est pas ailleurs. …

Dans une usine moderne c’est pareil. Les automates qui étaient avant des machines programmées, ils le font tout seul et ils se parlent les uns les autres. C’est impressionnant…

AMIS LECTEURS : ET VOUS, QU’EN PENSEZ-VOUS ? (Mettez vos remarques dans les commentaires) 

 Merci à Xavier Comtesse et Valeur Suisse Institut, Reportage Suisse Romande, Dukascopy TV, Manuela Nathan

Abonnez-vous pour être informé de l’interview studio : prochainement diffusée sur #Facebook par Reportage Suisse Romande https://www.facebook.com/reportagesuisse , sur #Youtube par Dukascopy TV https://www.youtube.com/channel/UCVf40gREZYycdCaarBT2EOA

#sources

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Xavier Comtesse

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Michael Bouvard

Michael Bouvard

Directeur, TV Reporter, Direction de Projets (Economie), Réalisation Audiovisuelle

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